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Analyse du Cycle de Vie (ACV)

L’objectif de l’ACV est de présenter une vision globale environnementale des impacts générés d’un bâtiment (pollution de l’air, pollution de l’eau, eutrophisation, …), avant sa construction ou sa rénovation. Devenue obligatoire avec la RE2020, elle concerne en premier lieu les projets de construction ou liés à une certification environnementale (BREEAM, HQE,…). Elle représente un excellent outil d’aide à la décision et peut s’appliquer de manière plus large que le simple cadre réglementaire.

La réglementation des constructions neuves

Consciente des enjeux climatiques et soucieuse de diminuer son recours aux énergies fossiles, la France n’a eu de cesse de renforcer ses Réglementations Thermiques (RT) liées aux bâtiments. La première, la RT1974, a vu le jour en 1974 suite au choc pétrolier de 1973. Ce dernier a permis une prise de conscience générale sur l’importance de maitriser sa consommation énergétique et de diminuer les consommations de chauffage des français. Si l’objectif premier était de diminuer d’au moins 25% la consommation énergétique des bâtiments par rapport aux dernières normes instaurées à la fin des années 50, la RT restait insuffisamment exigeante et ne s’appliquait pas encore aux bâtiments autres que résidentiels.

Les successions de Réglementations Thermiques (RT 1982, RT 1988, RT 2000, RT 2005, RT 2012) ont ainsi permis de renforcer les indicateurs énergétiques, de concerner tous les bâtiments, et d’introduire de nouveaux critères, comme la notion d’un bâtiment bioclimatique. Plus récemment, la RT a laissé place à la Réglementation Environnementale 2020 (RE 2020) qui apporte une dimension environnementale aux projets de construction.

 

    Indicateurs de la nouvelle Réglementation Environnementale

     

      Cette nouvelle réglementation RE2020 reprend les anciens indicateurs énergétiques et impose de nouveaux indicateurs permettant de parler de performance énergétique et environnementale.

       

        • BBIO en points, représentant le Besoin BIOclimatique. Il permet d’évaluer les besoins de chaud, de froid et d’éclairage.
        • CEP en kWhep/(m².an), pour évaluer les consommations d’énergie primaire totale, c’est-à-dire d’énergie primaire renouvelable et non renouvelable.
        • CEP,nr en kWhep/m².an pour évaluer les consommations d’énergie non renouvelable.
        • DH en °C.h, ou Dégré-Heure, pour évaluer les écarts entre la température du bâtiment et la température de confort (variable entre 26 °C et 28 °C).
        • Icconstruction en kg éq CO2/m² de SHAB ou SU : c’est l’impact sur le changement climatique des produits de construction et équipements et de leur mise en œuvre. Il représente l’impact des contributions « Composants » et « Chantier », c’est le focus sur les produits de construction et équipements, et leur mise en œuvre.
        • Icénergie en kg éq CO2/m² de SHAB ou SU : c’est l’impact sur le changement climatique des consommations d’énergie pendant la vie du bâtiment. Il représente l’impact du contributeur « Énergie », c’est un focus sur les impacts des énergies consommées pendant le fonctionnement du bâtiment.

      Qu’est-ce qu’une Analyse du Cycle de Vie (ACV) ?

      L’analyse du cycle de vie est une méthode d’évaluation normalisée européenne (ISO 14040 à 14043) permettant d’élaborer un bilan environnemental multicritère, et multi-étape sur tout son cycle de vie ; c’est-à-dire de sa « naissance » jusqu’à sa « mort ». jElle s’applique à de nombreux domaines pour comparer 2 procédés différents, comme 2 produits différents, ou encore 2 énergies différentes dans le secteur du bâtiment. Rendue obligatoire dans le cadre de la RE2020, l’étude s’intéresse à 6 étapes clés :

      • Extraction des matières premières
      • Production 
      • Transport (par bâteau ? avion ? …)
      • Construction (pollution en phase chantier)
      • Exploitation (responsable ? …)
      • Fin de vie du bâtiment (gestion du stockage carbone, recyclage des déchêts, …)

       

      Le saviez-vous ?

      Pour réaliser une ACV, il faut nécessairement récolter les données environnementales de tous les matériaux et équipements techniques d’un bâtiment. Pour cela, la base INIES, référente pour la RE2020, répertorie 2 types de fiches auxquelles il faut se référer :

      • Les FDES (Fiches de Déclaration Environnementale et Sanitaire) 
      • Les PEP (Profil Environnemental de Produit)

      Ces déclarations sont basées sur les normes NF EN 15804+A1 pour les FDES et NF XP C08-100-1 et les Règles de Catégorie de Produit (PCR) ed3 pour les PEP. Les déclarations environnementales comportent 28 indicateurs répartis en 4 parties : impacts environnementaux, consommations de ressources, catégories de déchets et flux sortants.

      Etapes fondamentales de l’ACV

      Périmètre de l’étude

      Le périmètre du projet permet de définir le fil conducteur de l’étude et d’envisager les scénarios de comparaison. Il est possible de se demander :

      • Quels sont les objectifs de l’ACV ?
      • Quelle application en sera faite (écoconception, déclaration environnementale, comparaison) ?
      • Quelle est l’unité fonctionnelle retenue ?

      Inventaire du Cycle de Vie (ICV)

      L’ICV, ou Inventaire du Cycle de Vie, dresse l’inventaire des flux de matières et d’énergies entrants et sortants, pour toutes les étapes de vie du projet. L’inventaire s’intéresse tout particulièrement aux facteurs d’activité tels que les kWh consommés, le nombre de tonnes transporté, … et aux facteurs d’émission tels que les g de NOx émis dans l’air, g de PO4 émis dans l’eau, …

      Réalisation de l’étude ACV

      C’est à ce stade que sont évaluer les impacts environnementaux potentiels du projet. Les flux sont ici caractérisés en indicateurs d’impact environnemental selon différents niveaux :

      • les indicateurs d’impacts potentiels (ou « midpoint ») pour les méthodes d’analyse les plus reconnues et utilisées ;
      • tandis que les méthodes les moins connues seront caractérisées par des  indicateurs de dommages potentiels (ou « endpoint »).

       

      Selon l’ADEME : « Ces méthodes facilitent la compréhension et l’utilisation des résultats en raison de la moindre quantité d’indicateurs, en général au nombre de quatre (par exemple le risque sur la santé humaine, le risque pour les écosystèmes, etc.), mais sont moins reconnues du fait d’une moindre robustesse scientifique. »

      « L’énergie ne devrait pas être le seul critère d’analyse dans les études et audits énergétiques. L’impact environnemental et la santé des occupants sont aussi des notions fondamentales insuffisamment prises en compte. »

      Sélia BOUYEHIA